ET SI ON CHANGEAIT L’ECOLE?

La crise sanitaire a accéléré les changements et révélé des failles dans notre système scolaire.

Notre école souffre de multiples maux. Chaque classement PISA démontre à quel point la France se fait distancer par un système très inégalitaire selon les milieux sociaux et le genre. Nous ne savons pas donner confiance aux élèves, valeur essentielle pour apprendre à s’adapter. 31% des petits Français se sentent  » comme étrangers à l’école ».

Comment préparer les enfants d’aujourd’hui à devenir des adultes, citoyens du monde de demain incertain?

La conférence organisée par Franceinfo et WE DEMAIN, du 24 septembre 2020, a permis de mettre en avant quelques unes des nombreuses initiatives et expérimentations qui se multiplient partout en France. De nombreux enseignants, témoins de l’inadaptation du système éducatif à de plus en plus d’enfants, se questionnent sur leur rôle et cherchent de nouvelles voies.

1/ LE NUMERIQUE comme une ressource supplémentaire au service des élèves et des professeurs

Autant le numérique récréatif est déjà très installé dans le quotidien des adolescents, avec des effets souvent négatifs, autant beaucoup reste à faire sur le numérique éducatif. Il doit s’inscrire comme un outil de continuité pédagogique sans jamais remplacer l’enseignant.
La récente crise sanitaire a montré à quel point notre système n’était pas prêt à exploiter les ressources du numérique au service de l’enseignement. Le sujet ne se limite pas à équiper les établissements en matériel. Pour former ces jeunes citoyens au numérique de demain, il faut commencer par écouter les enseignants et coconstruire avec eux les solutions adaptées.
Ainsi certains professeurs ont, sur leur temps libre, développé des solutions numériques complémentaires à leurs cours pour accompagner leurs élèves. C’est le cas de Sophie Guichard qui propose des cours de math en vidéo sur youtube et a lancé la plateforme mathenvideo pour apprendre et comprendre les maths de façon ludique.
https://www.mathenvideo.fr/

2/ LES PEDAGOGIES ALTERNATIVES pour développer l’estime de soi

De plus en plus de parents recherchent une approche pédagogique personnalisée qui s’adapte à chaque enfant. Avancer à son rythme, identifier les centres d’intérêt, encourager et valoriser. C’est ce que fait Christian Maréchal, professeur des écoles, éducateur et formateur Montessori à Roubaix. « J’observe l’enfant, je vois ses centres d’intérêts et je lui montre une activité en fonction de ce que j’ai observé. L’adulte a tendance à agir trop vite et à imposer sa façon de faire à l’enfant. Il suffit d’attendre et de le laisser travailler. Ainsi l’enfant crée par lui-même ».
Apprendre à l’enfant à faire tout seul, est au cœur de la méthode qui apporte autant au petit qu’à l’enseignant. Comme le disait Maria Montesori  » Nous n’élevons pas les enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde aura changé lorsqu’ils seront grands ».
Expérimenter, coopérer, communiquer sont autant de compétences qui permettent à l’enfant d’avancer et gagner en confiance.

https://www.revue-acropolis.fr/testimonial/christian-marechal-la-pedagogie-montessori-developper-les-potentiels-de-lenfant/

3/ APPRENDRE PAR LE JEU

Albert Einstein disait  » Le jeu est la forme la plus élevée de la recherche ». Des enseignants ont choisi de proposer à leurs élèves des jeux d’évasion pédagogiques (« Escape Game »).
Chaque jeu permet de travailler des connaissances liées à un thème et des compétences (collaboration, coopération, relation, communication, etc). L’aspect ludique crée une relation différente entre les élèves et les enseignants. L’attention est captée par l’activité dynamique. Les plus réservés ont un nouvel espace d’expression hors du cadre habituel qui leur permet souvent de prendre confiance et trouver leur place.

Christelle Quesne, Professeure d’anglais dans un collège de l’académie de Rouen est conceptrice de jeux d’évasion pédagogiques et a lancé le site :
https://www.cquesne-escapegame.com/, ressource et espace de partage pour de nombreux enseignants.

4/ LEARNING BY DOING pour être acteur de son apprentissage

Dans la continuité de l’Escape Game, Ange Ansour et François Tadéi ont lancé les Savanturiers. Cette école de la recherche est un programme éducatif qui promeut l’éducation par la recherche, aux niveaux national et international, en proposant projets pédagogiques, formations ainsi que ressources et méthodologies scientifiques.

Un projet, qui fait le lien avec le programme scolaire et les compétences à acquérir est proposé aux enfants. Par la mise en situation concrète en groupe, les enfants questionnent, s’informent, raisonnent, collaborent, arbitrent, décident et réalisent. Etre acteurs de leur apprentissage permet de préparer ces jeunes aux enjeux du monde de demain..


https://les-savanturiers.cri-paris.org/a-propos/presentation/

5/ CLASSE MUTUELLE ET CLASSE INVERSEE, un nouveau paradigme

Ces approches changent la relation entre l’enseignant et ses élèves. La classe mutuelle rend le jeune acteur de ses connaissance puisque c’est lui qui partage son savoir avec le reste de la classe. L’élève change de posture et l’enseignant également puisqu’il est assis avec le reste du groupe.

Dans le cas de la classe inversée, l’objectif est de mettre du sens dans la rencontre pédagogique entre l’enseignant et les élèves. Le temps passé ensemble est consacré la mise en pratique des connaissances qui auront été abordées en amont à la maison. Le cours est préparé sur la base des indications fournies par le professeur. L’élève ne passe plus son temps à recopier la leçon en cours et faire seul les exercices à la maison.

Dans les deux cas, le rapport sachant/apprenant change pour rendre la pédagogie plus active.

6/ L’ECOLE DU DEHORS ou la pédagogie par la nature

4 enfants sur 10 ne jouent jamais dehors la semaine.
Nos enfants sont coupés de la nature. Or l’espace extérieur est riche d’opportunités pour les enseignants et les enfants. Il permet de découvrir et acquérir des connaissance sur la faune et la flore. Les enfants peuvent aussi réaliser un projet et naturellement coopérer, raisonner, construire, etc… plus qu’ils ne le feraient dans une classe.
L’école en pleine nature est développée au Danemark et commence à être expérimentée en France, comme par exemple en Bourgogne. Après des petites classes, l’expérimentation va être étendue au collège.
http://www.terra-symbiosis.org/projets/graine-bourgogne-franche-comte-ecole-du-dehors

7/ LES NEUROSCIENCES POUR CHANGER L’ECOLE?

Les progrès en neuroscience permettent de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et ont révélé sa plasticité. Notre cerveau est avide de stimulations. Elles le font évoluer tout au long d’une journée. C’est une découverte importante qui démontre que dès les premières heures et tout au long de sa vie, l’être humain a besoin d’être stimulé.
La plasticité du cerveau marque la fin du déterminisme et du fatalisme.
Comprendre son fonctionnement ne fait pas tout. Il faut définir au service de quoi ces stimuli doivent s’opérer, pour développer quelles compétences?

L’école est entrain de changer. Certes, il reste beaucoup à faire. Mais partout en France, des enseignants se questionnent, se mobilisent, partagent et explorent de nouvelles voies. Ils sont conscients et concernés par l’importance du CARE: Prendre soin de soi, des autres, de la planète.

La récente crise sanitaire a été l’opportunité de mettre en place de nouvelles coopérations entre les enseignants, avec les élèves et les parents. Elle a aussi été révélatrice de la rigidité du système éducatif descendant insuffisamment à l’écoute du corps professoral et des élèves.

Comment toutes les parties-prenantes peuvent-elles coconstruire l’école de demain pour préparer les enfants à être les citoyens de leur quartier, de leur ville, de leur pays, du monde?

On parle beaucoup de la transformation des entreprises, comment l’école elle aussi se transforme? Quelles inspirations et partages d’expérience imaginer?

LECTURES DE L’ETE, LA SUITE…

Voici deux lectures différentes mais complémentaires que je pourrais résumer à « Comment trouver L’Equilibre dans le Monde d’Après? »

La première est l’ouvrage de Eric Hubler et Philip Blanc : « L’équilibriste » aux éditions Un monde différent. Les auteurs s’intéressent aux leviers qui permettent à chacun de trouver son équilibre dans la vie. A travers un récit romancé, ils nous racontent la rencontre entre un homme en plein tourment et inconsciemment en quête de soi, et un vieil homme, sage et éclairant au crépuscule de sa vie.

Ce dernier va lui faire découvrir la subtile puissance de l’équilibre, point de convergence de tous nos antagonismes et clé de notre épanouissement. La vie y est symbolisée par un fil que nous parcourons tel un équilibriste entre équilibres et déséquilibres.

Lecture inspirante dans la période d’incertitudes et instabilités que nous vivons pour garder le cap sur ce qui nous anime et est bon pour nous!

La deuxième lecture est le dernier livre de Philippe Bloch, écrit pendant le confinement « Ce sera mieux après… sauf si on est trop cons! ».

Il y dresse un panorama large de tout ce que cette crise sanitaire a bousculé et questionne pour la suite. Il met en avant nos ambiguïtés et paradoxes : Mortalité ordinaire vs Mortalité extraordinaire, Peur & précaution vs Raison & Audace, Mondialisation vs Proximité, Profit vs People, Décroissance vs Une autre croissance, Ressentiment vs Unité, etc…

Philippe Bloch est toujours factuel mais résolument optimiste et engagé, je partage son choix de citations qui rythment les différents chapitres. Celles de l’introduction et de la conclusion synthétisent bien la tonalité de cet ouvrage :
« Les hommes ne sont pas prisonniers de leur destin. Ils sont prisonniers de leur propre esprit » Franklin D.Roosevelt.
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » Gandhi.

« UNE SOCIETE SI VIVANTE », JEAN VIARD A LIRE ET RELIRE CET ETE!

Dans cet ouvrage publié en 2018, Jean Viard retrace les évolutions de la société Française depuis plusieurs dizaines d’années. Il remet en perspective la place du travail, celle des femmes, la ville et la campagne, les enjeux climatiques, la fracture sociale, etc…

Les faits sont étayés. L’essentiel est dit pour nous aider à prendre de la hauteur et mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Extrait :« La France. Nous allons y passer environ 700 000 heures chacun, y respirer 15 000 litres d’air par jour, y laisser deux enfants après 4000 à 6000 étreintes. Nous y travaillerons peu ou prou 70 000 heures après avoir fait, de plus en plus souvent, 30 000 heures d’études. Nous y perdrons nos parents vers 63 ans quand depuis dix ans déjà nos petite-enfants viennent pour les vacances. »

Jean Viard est sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS.

LECTURES INSPIRANTES DE L’ETE !

Les vacances sont souvent un moment privilégié pour se poser, s’évader et prendre du recul.

J’ai envie de partager avec vous deux lectures inspirantes avant de ré-attaquer le tourbillon de la rentrée et la dernière ligne droite d’une année 2020 inattendue et rupturiste!

LA PREMIERE est ma découverte du livre de Pascal Demurger, DG de la MAIF : « L’entreprise du XXIe siècle sera politique ou ne sera plus ».

Pour moi, les assureurs sont là en cas de situation difficile. Mais je me méfie des petites lignes en italique dans un contrat. Souvent , ce sont celles des désenchantements qui expliquent que le jour J le sinistre n’est pas couvert… J’ai aussi en tête toutes les offres que certains ont essayé de me vendre comme par exemple assurer les canalisations qui vont de ma maison au réseau d’assainissement…
Bref ce sentiment est certainement partagés par de nombreux assurés mais peut-être pas par ceux de la MAIF qu’on appelle des sociétaires.

Pascal Demurger rejoint la MAIF il y a une dizaine d’années. Comme il l’explique, il a cheminé personnellement et s’est transformé peu à peu lui-même depuis 2015 en transformant l’entreprise.

Son déclic, marqueur de cette prise de conscience, date d’avril 2015. Au cours d’un séminaire de Managers, il rapporte qu’une intervenante extérieure, Laurence Vanhé, parmi les pionniers en Europe du « Bonheur au travail » l’interpelle : « Pascal , pense moins avec ta tête et plus avec ton coeur! ». Lui, le patron énarque, était invité à s’ouvrir aux autres avec simplicité et sincérité.

Qu’est-ce que cela a changé?
Pascal Demuger a fait l’audace de la confiance, convaincu qu’elle est essentielle à la performance durable de l’entreprise.

Il écrit (p 135) :  » Cette volonté un peu iconoclaste d’inscrire les relations au sein de l’entreprise dans un cadre de confiance et de faire reposer la motivation des collaborateurs sur l’envie plutôt que sur la crainte ou le seul intérêt revient à dépasser la simple confrontation entre les intérêts apparents et immédiats de l’entreprise et ceux de ses salariés. Elle exprime le choix d’intégrer les attentes des salariés, leurs aspirations, dans le fonctionnement de l’entreprise pour à la fois mieux y répondre, renforcer leur propre épanouissement et décupler l’efficacité collective« .

Pascal Demurger explique qu’au fil du temps, il a compris que s’épanouir dans son travail nécessite:
* du SENS , contribuer à un projet collectif qui donne le sentiment d’être utile à ses clients, à ses collègues, aux autres, à la société.
* de l‘ATTENTION, sincère et authentique portée aux autres, préalable indispensable à la confiance.
* de l’EXIGENCE pour soi-même. Ce qui pour le dirigeant et les managers signifie l’exemplarité mais aussi de l’exigence pour le collectif. Fixer les objectifs et les conditions nécessaires pour les réaliser.

La CONFIANCE accordée aux collaborateurs est vertueuse. Il démontre qu’il existe une symétrie des attentions entre celle portée aux salariés et celle portée aux clients qui contribue à la performance de l’entreprise.

Ce management par la confiance, instauré comme pilier de la MAIF, a accompagné la transformation de l’entreprise avec un recentrage et un alignement fort sur ses valeurs mutualistes.
Les mots d’introduction de Pascal Demurger pose avec clarté ses convictions et sa vision:  » Ce livre n’a qu’une seule ambition. Celle d’inviter le lecteur à se projeter dans un monde aux antipodes du nôtre et qui, pourtant, est déjà en train d’éclore. Un monde auquel les entreprises, assumant leur responsabilité politique, contribueraient positivement, au-delà de leur seul apport économique. Ce n’est pas un monde idéalisé, une utopie inaccessible. Je le sais, car j’ai la chance de diriger une entreprise qui en fait partie. D’ailleurs, ni ma nature ni mes fonctions ne me portent à la rêverie ou à l’idéologie. Mais mon souhait est de témoigner, et plus encore de convaincre. Témoigner , car je mesure combien une entreprise peut servir le bien commun et combien cette contribution peut nourrir sa propre performance. Convaincre, car si ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le monde, alors il ya urgence à généraliser ce modèle.« 

Je ne vous en dirai pas plus. J’espère avoir suscité votre curiosité et vous avoir donné envie de le lire.
Personnellement, il résonne beaucoup avec mon expérience passée, mes convictions et mon envie de donner sens et utilité à mon action en entreprise.

LE DEUXIEME ouvrage complémentaire que je vous propose est celui de Patrick Mercier, Président et Co-Fondateur du Groupe de Communication CHANGE: « The power of Benevolence« .

Avec ce livre, il apporte un regard averti et clairvoyant sur les enjeux mais aussi les opportunités que les marques ont à relever.

Qu’est-ce que la « Benevolence »?
Patrick Mercier la définit en ces mots (p 30) :« la capacité des marques à être utiles et responsables dans le quotidien des gens ».
Cette définition apporte une nouvelle grille de lecture des marques et du travail mené par l’agence pour les accompagner dans leur quête de sens.

Cette notion de « sens » est importante comme il le rappelle à travers les résultats de l’étude Meaningful Brands du groupe Havas (p 47): « 75% des consommateurs achètent des marques qui partagent leurs valeurs et 90% attendent que les marques leur offrent un contenu utile. Pourtant, ils déclarent que plus de la moitié du contenu des marques ne leur apporte rien ».

Ce livre est riche de très nombreux témoignages de dirigeants qui partagent leurs réflexions et leurs convictions. Comme Patrick Mercier l’écrit (p73): » Faire un livre sur la benevolence, c’est tenter de démontrer à travers des exemples, des réussites et parfois des échecs, que la volonté d’être utile peut être très vertueuse pour les marques qui notamment cherchent des relais de croissance dans un environnement concurrentiel qui est devenu fou et instable. »

J’aime beaucoup cette citation d’Henry Moore que Patrick Mercier mentionne dans son ouvrage :  » Le secret d’une vie est d’avoir une mission, une chose à laquelle vous donnez tout… et le plus important, c’est que ce soit une chose hors de portée. »

Ce qui est valable pour un individu l’est aussi pour une organisation. Les entreprises ont un rôle capital à jouer pour répondre aux enjeux de notre monde. Les consommateurs citoyens attendent des actions utiles et concrètes.

Comme Pascal Demurger et Patrick Mercier le démontrent, les entreprises ont une opportunité à saisir pour prendre ou reprendre leur place d’actrices engagées. Ne pas le faire, c’est se mettre en risque.

Bonne lecture!

Intelligence collective et incertitude?

Nous vivons dans un mode d’incertitudes depuis toujours mais nous l’avons oublié. La récente crise nous l’a rappelé. Edgar Morin disait récemment au sujet de ces incertitudes: « … nous devons apprendre à les accepter et à vivre avec elles, alors que notre civilisation nous a inculqué le besoin de certitudes toujours plus nombreuses sur le futur, souvent illusoires, parfois frivoles, quand on nous a décrit avec précision ce qui va nous arriver en 2025 ! L’arrivée de ce virus doit nous rappeler que l’incertitude reste un élément inexpugnable de la condition humaine ».

La question est donc de savoir comment nous pouvons nous adapter aux incertitudes? L’intelligence collective est peut-être une réponse.

On appelle intelligence collective la capacité d’une communauté à faire converger intelligence et connaissances pour avancer vers un but commun.

Pour Emile Servan Schreiber, formé à l’informatique et la psychologie cognitive, Fondateur des sociétés de conseil Lumenogic et Hypermind : « Personne n’est aussi intelligent que tout le monde ».
Il explique que l’intelligence collective est celle qui émerge du collectif et non simplement la somme des intelligences. Ainsi, l’intelligence du groupe ne dépend pas que de l’intelligence des individus du groupe mais du fait, que les gens s’expriment et les autres écoutent. Cela donne naissance à de nouvelles idées ou solutions auxquelles chaque individu seul ne serait jamais arrivé.

Plus le groupe est composé de profils diversifiés, plus il est riche d’opinions variées et plus il est intelligent. Quand on observe ce qui s’est passé ces derniers mois, on peut relever plusieurs initiatives qui sont le fruit de cette intelligence collective.

Prenons par exemple, le cas des masques de plongée Décathlon.
En mars, le docteur Renato Favero, de l’hôpital de Gardone Vol Trompia, se rapproche de l’entreprise Isinnova, basée à Brecia, dans le nord de l’Italie, spécialisée dans la fabrication 3D. Ensemble, ils mettent au point une pièce en 3D qui s’adapte sur le masque de Décathlon Easybreath. Ils apportent dans l’urgence une première réponse aux soignants.

Quelques semaines plus tard, une collaboration entre l’Université de Stanford aux USA, le CNRS et le CHU de Brest permet d’améliorer le système avec un filtre antiviral et antibactérien. En 17 jours, le masque devient un outil de protection parfaitement efficace, un exploit !

Autre exemple, en Espagne au pic de la crise l’état central n’arrive pas à coordonner les ressources médicales entre les différentes régions. Les soignants prennent la main en direct pour s’organiser entre confrères et trouver les compétences, lits de réanimation, matériel dont ils ont besoin. Des initiatives identiques ont été observées en France.

Qu’est-ce que cela dit ?

Tout simplement, qu’en situation d’incertitude, il fait agir et réagir vite. Cela requiert de l’agilité pour aller chercher et trouver des solutions inhabituelles. Décider de façon centralisée ne permet ni la réactivité ni la créativité nécessaires. Cela questionne le fonctionnement de nos administrations par nature centralisatrices. Comment les faire évoluer ?

Qu’en est-il en entreprise ?

La situation est similaire. Emile Servan-Schreiber déclarait dans une interview à La Nouvelle République en février dernier :  « Ceux qui sont sur le terrain ont des éléments essentiels à faire remonter, précise-t-il. Quand il s’agit de parier sur le succès d’un nouveau produit, il est plus efficace de demander l’avis de tous les salariés qu’utiliser des datas, tout en conservant des organisations hiérarchiques. Je ne crois pas du tout à l’organisation horizontale, on a besoin de décideurs. Mais le dialogue est plus fluide du haut vers le bas et du bas vers le haut, aidant les décideurs à prendre les bonnes décisions ».

Mettre en place une culture de l’intelligence collective est indispensable pour permettre aux entreprises elles aussi de s’adapter en permanence rapidement à un environnement en mouvement constant.
Cela requiert une véritable volonté et capacité du dirigeant à mettre en confiance pour libérer les initiatives et énergies. Il faut pour cela que les relais managériaux en comprennent bien le sens et y participent eux-mêmes. La question n’est pas la perte de pouvoir mais la nécessité de s’appuyer sur un collectif fort pour faire face aux incertitudes.
Woodrow Wilson, Président de la Société des Nations disait : « J’utilise tout mon cerveau et aussi tous ceux que je peux emprunter ».
Cela est d’autant plus facile avec les outils numériques à notre disposition. Ils permettent de collecter les avis et idées de tous. Ainsi la décision se construit avec l’équipe et les partie-prenantes de l’entreprise.

L’intelligence collective est intuitive pour les nouvelles générations qui ont grandi avec internet et qui vivent en réseaux. Elles sont collectives.

L’enjeu pour notre société, nos administrations, nos entreprises est de créer les conditions pour mieux utiliser l’intelligence de chacun au service de tous.

Souvenons-nous : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », proverbe Africain.

Ecouter Emile Servan-Schreiber : https://podcast.ausha.co/les-cafes-du-comite-grand-lille/emile-servan-schreiber

La crise sanitaire n’a pas modifié la vision du monde, les aspirations et les idéaux des Français

L’Obsoco et l’ADEME ont conduit du 6 au 13 mai 2020, une enquête sur 1888 personnes de 18 à 70 ans. Cette étude a mesuré l’évolution du degré d’adhésion des Français à trois modèles de société idéale : l’utopie écologique, l’utopie sécuritaire et l’utopie techno-libérale. Elle observe les évolutions par rapport à l’Observatoire des perspectives utopiques élaboré en 2019 en collaboration avec l’ADEME, BPI-France et la Chaire ESCP-E.Leclerc – BearingPoint.

L’Obsoco a proposé aux sondés de réagir à trois modèles de sociétés. Ils ont été inspirés des valeurs portées par des leaders d’opinion et mouvements sociaux.

1/ L’utopie écologique prend en compte les enjeux environnementaux et une consommation plus responsable et sobre. Consommer moins mais mieux.

2/ L’utopie sécuritaire rejette la mondialisation et ses effets. Elle prône le replis sur soi et la nostalgie d’une identité nationale rempart absolu.

3/ L’utopie techno-libérale fait confiance aux progrès technologiques pour trouver des solutions aux enjeux de notre monde. Ils sont la clé d’une croissance inexorable au service de l’individu pouvant mener au transhumanisme.

On observe très peu d’évolutions entre 2019 et 2020. Ce qui était valable avant, l’est toujours après.

L’utopie écologique se détache :

Elle reste majoritaire avec 54.6%. Elle est suivie par l’utopie sécuritaire à 31.1% (contre 29.5% dans la précédente vague). L’utopie techno-libérale passe de 15.9% à 14.4%. Les supporters de l’utopie écologique gagnent 3pts à 58%. Elle est préférée de 72 % des 18-24 ans contre 61% en 2019, mais de seulement 40 % des 65-70 ans contre 51% en 2019. Les détracteurs passent de 5% à 4%.

Pour ce qui concerne l’utopie sécuritaire, les supporters passent de 30% à 32%. Les détracteurs restent stables à 9%. Il est intéressant de constater sur les tranches d’âge une tendance inverse aux résultats observés sur l’utopie écologique. La préférence pour l’utopie sécuritaire progresse avec l’âge, passant de 22 % chez les 18-24 ans à 44 % chez les 65-70 ans.

L’utopie écologique est plus marquée par les CSP+. A l’inverse les utopies sécuritaires et techno-libérales sont plus présentes sur les classes intermédiaires et CSP-.

On observe à la fois un clivage générationnel et social.

Les aspirations politiques influencent les préférences :

Les répondants se situant « au centre » sont 68% à être partisans de l’utopie écologique contre 56 %  dans la précédente vague. La tendance est dans une moindre mesure similaire pour les sympathisants « à droite » qui passent de 40 % à 44 %.
Il est intéressant de souligner que la part des partisans de l’utopie écologique parmi les répondants se déclarant « gilets jaunes » ayant participé à la mobilisation progresse de 10 points, de 50 % à 60 %, au détriment de l’utopie techno-libérale.

Porosité entre entre les supporters de l’utopie écologique et de l’utopie sécuritaire :

75% de ces derniers se sont en 2020 déclarés en faveur de l’utopie écologique. En retour 76% des partisans écologiques se sont tournés vers l’utopie sécuritaire.
De son côté, les supporters de l’utopie techno-libérale en 2019 qui ont cessé d’apparaître comme des supporters en 2020, privilégient pour 57% l’utopie écologique, contre 43 % qui ont rejoint les rangs de l’utopie sécuritaire.

Pourquoi préférer une utopie ?

L’utopie écologique est toujours préférée pour son impact sur les modes de vie et de consommation. Les deux autres items qui expliquent cette préférence sont la relocalisation de l’économie et la transition écologique financée par la taxation du carbone.

L’utopie sécuritaire se distingue par un étatisme plus fort pour garantir la souveraineté et des actions sociales notamment en matière de logement.

Réussir sa vie ?

La conception d’une vie réussie pour les Français évolue peu entre 2019 et 2020 .

L’épanouissement personnel et la réalisation de soi sont toujours en première position à 37% mais perdent 3pts vs 2019 (40%). Puis viennent le confort matériel et l’aisance financière à 25% contre 27% en 2019. Enfin réussir à multiplier les sources de plaisir, limiter les peines et les souffrances se classent en troisième position à 22% contre 21% dans la précédente vague.
Le seul item qui évolue significativement est « Une vie en harmonie avec la nature » en 6eme position, de 15% à 20%? C’est certainement un impact direct du confinement.

Plus de temps disponible, pourquoi faire ?

Si les Français avaient plus de temps disponible, ils aimeraient à 51% le passer avec leur proches? C’est 57% pour les femmes et 45% pour les hommes. Un tiers aimerait faire plus de choses par soi-même (bricoler, jardiner, cuisiner, coudre…), sans grand changement par rapport à 2019.

Le cadre de vie idéal, ce serait quoi ?

Interrogés sur le cadre de vie idéal, les réponses ont évolué vs 2019 .
Pour 42% ce qui compte c’est la proximité avec la famille (+5pts). La progression est de 10 pts chez les partisans de l’utopie sécuritaire, de 8 pts chez les femmes, 9 pts sur les 18-24 ans et + 15 pts sur les 65-70 ans.
38% recherchent le contact avec la nature (+1pt) et 28% un environnement moins pollué (stable).

Une fois de plus, cette enquête démontre à la fois que les tendances présentes avant cette crise se confirment et s’ancrent dans la société. Elle révèle aussi les clivages qui y sont liés : générationnels, sociaux, politiques… autant de visions différentes du monde.

Source:

Le 5 juin est la journée mondiale de l’environnement

Pendant les deux mois de confinement, nous avons redécouvert le chant des oiseaux. Nous nous sommes émerveillés de voir les animaux réinvestir les villes. Repensons à cette image des canards se promenant en plein Paris ! Nous nous sommes languis de nos parcs, forêts, plages, chemins à travers champs. Cet éloignement nous a fait désirer la nature, sa flore et sa faune.

La journée du 5 juin tombe à point nommé pour nous rappeler à quel point elle nous a manqué et combien elle a besoin d’être protégée.

Les Nations Unies ont choisi cette date pour chaque année pour nous sensibiliser à la protection de l’environnement. C’est une question d’importance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développement économique à travers le monde.

En 2020, le thème retenu pour la journée mondiale de l’environnement est la biodiversité.


1- Qu’est-ce que la biodiversité ?

La terre est une planète vivante, elle regroupe plus de 8 millions d’espèces. On estime qu’environ 15% du vivant est connu.  
La faune, la flore, les bactéries, les éco-systèmes (mer, forêt, etc) constituent la biodiversité. Elle est essentielle à notre vie car dans la nature, nous puisons notre alimentation et notre énergie.

2- Pourquoi choisir ce thème en 2020 ?

Parce que cette biodiversité est en danger. C’est que révèle le rapport de l’IPBES publié le 6 mai 2019.
L’IPBES, décrit comme le « GIEC pour la biodiversité », est un organisme intergouvernemental indépendant comprenant plus de 130 Etats membres. Mis en place par les gouvernements en 2012, il fournit aux décideurs des évaluations scientifiques objectives sur l’état des connaissances sur la biodiversité de la planète, les écosystèmes et les contributions qu’ils apportent aux populations.

Dans ses conclusions , ce comité d’expert déclare : « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ». Il estime que le rythme est « … au moins des dizaines ou des centaines de fois supérieur à ce qu’il a été en moyenne durant les dernières 10 millions d’années ».

Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction au cours des prochaines décennies.

3- Quelques chiffres témoignent de la dégradation de la biodiversité :

– Depuis 1900, plus de 40% des amphibiens ont disparu, 33% des coraux, 31% des requins et raies, 25% des mammifères, 19% des reptiles, plus de 13% des oiseaux, etc…
– 75% de l’éco-système terrestre est très altéré.
– 66% des milieux marins ont été significativement modifiés par l’action de l’homme.
– 85% des zones humides ont été perdues.
– Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage.

4- Quelles en sont les principales causes?

30% des impacts sont liés à la destruction et la fragmentation des milieux naturels (déforestation, extraction minière, grands barrages hydrauliques, routes et étalement urbain). Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.

23% sont liés à la surexploitation des ressources naturelles (chasse, pêche, coupe du bois). La valeur de la production agricole a augmenté de 300% depuis 1970.

14% résultent du changement climatique. Depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. 100 à 300 millions de personnes sont exposées à un risque accru d’inondations et d’ouragans.

14% viennent de la pollution des sols, des eaux, et de l’air (notamment les pesticides). Le volume de déchets industriels et plastique dans les océans a été multiplié par 10 depuis 1980. Environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde.

11% sont liés aux espèces invasives. Ce sont des espèces exotiques qui deviennent nuisibles aux espèces autochtones.
Exemple : les chenilles processionnaires ou l’amarante, une plante qui résiste et s’adapte aux pesticides.

Tous ces chiffres donnent le tournis! Mais la question n’est pas de baisser les bras. Il faut agir ! Car la perte de biodiversité est non seulement un problème environnemental, mais aussi un enjeu lié au développement, à l’économie, la sécurité, la société et l’éthique.

Selon Sir Robert Watson,  président de l’IPBES «…il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial. Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs ».

5-Comment agir?

Le WWF France, la Croix-Rouge, le groupe SOS ou Make.orgpar ont lancé une consultation citoyenne pour préparer l’après-crise sanitaire de la Covid-19 qui a rassemblé 165 000 participants. 20 000 propositions ont été élaborées pour « inventer le monde d’après ».
Quatorze idées ont été jugées « prioritaires » par les participants, notamment en matière d’agro-écologie, d’économie circulaire, de mobilité alternative ou encore de protection de la biodiversité.

Ils ont été rejoints dans cette démarche d’intelligence collective par
184 000 signataires d’une pétition. Une vingtaine d’organisations associatives et syndicales ont ainsi proposé 34 mesures pour préparer un plan de sortie de crise écologique et social.

De même, une soixantaine de parlementaires ont eux aussi lancé une consultation citoyenne. Elle a recueilli 8 700 propositions pour « un jour d’après plus juste, plus solidaire, plus respectueux de l’environnement, et plus démocratique ». Ils ont élaboré 30 propositions articulées autour de quatre thèmes : la santé, la sobriété, la solidarité, et la souveraineté.

Au sein de la société civile, les entreprises ont un rôle majeur à jouer pour initier et accompagner les changements nécessaires. C’est ce qu’attendent  les consommateurs-citoyens. Selon Olivier Vigneaux Co-Président de BETC Fullsix , 71% des Prosumers™ –individus pro-actifsconsidèrent que les grandes entreprises vont pouvoir profiter de leur échelle pour être motrices des changements de fond attendus.

Ils sont 86% à avoir désormais plus confiance dans les entreprises qui ont participé pro activement à protéger les consommateurs pendant la crise. Elles y ont gagné un capital de confiance précieux.

A ce titre, on peut espérer que la décision d’Emmanuel Faber PDG de Danone qui veut faire de son groupe la première entreprise au monde cotée en bourse à devenir entreprise à mission va ouvrir la voie à de nombreuses autres.

En attendant, le 5 juin et tous les autres jours agissons tous pour la biodiversité !

Sources :

https://www.un.org/fr/observances/environment-day

https://ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment-Fr

https://www.lsa-conso.fr/dans-un-monde-post-covid-de-nouvelles-attentes-plus-radicales-et-concretes-tribune-la-conso-demain,349154

Qu’est-ce que l’ENTREPRISE A MISSION ?

C’est la loi Pacte pour la transformation et la croissance des entreprises, promulguée par décret le 22 mai 2019, qui a donné un cadre légal à l’entreprise à mission.
Cette loi a pour objectif de lever les obstacles à la croissance des entreprises, à toutes les étapes de leur développement : de leur création jusqu’à leur transmission, en passant par leur financement.

Elle considère que les entreprises ne se limitent pas à la recherche du profit mais doivent être le lieu de création et de partage de sa valeur. Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) permet de redéfinir la raison d’être des entreprises et de renforcer la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux liés à leur activité.

Une étude menée par l’IFOP pour Terre de Sienne en 2016 révélait que 51 % des Français considèrent qu’une entreprise doit être utile pour la société dans son ensemble, devant ses clients (34 %), ses collaborateurs (12 %) ou ses actionnaires (3 %).

La loi Pacte apporte donc dans la définition de l’entreprise la notion d’objet social pour inciter les entreprises à prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux inhérents à leur activité et permettre à celles qui le souhaitent de se doter d’une raison d’être dans leurs statuts. Cette « raison d’être » est le projet de long terme dans lequel s’inscrit l’objet social de l’entreprise.

Le statut d’entreprise à mission permet d’inscrire cette raison d’être dans les statuts qui intègre sa contribution sociale et environnementale, de décliner des engagements concrets et de se doter d’un organe de suivi, où les salariés sont représentés, chargé de vérifier la conformité des décisions de gestion de l’entreprise avec sa mission.

Devenir une entreprise à mission, pourquoi et qu’est-ce que cela change ?

-Un « commun » au cœur de la stratégie
La mission permet de placer la création d’un commun au cœur de la stratégie de l’entreprise, un commun qui fait sens pour toutes les parties-prenantes, qui ancre sa légitimité car il résonne avec son ADN et définit sa contribution sociale et environnementale.
C’est ce qui a décidé Bris Rocher, PDG du Groupe Rocher comme le rapporte Novethic dans son édition du 9 janvier 2020 : « Devenir une entreprise à mission est une manière de rendre hommage aux valeurs qui ont guidé mon grand-père lors de la création d’Yves Rocher, il y a 60 ans. La loi Pacte nous permet d’officialiser cela et de pouvoir assurer la transmission de cette valeur familiale aux générations futures qui géreront l’entreprise, dans la lignée de mon action pour réintégrer le capital de l’entreprise au sein de la famille Rocher. Notre mission – Reconnecter ses communautés à la nature – est une réponse à l’un des plus grands défis de notre société mais aussi aux attentes de nos consommateurs. C’est également une incitation, pour les autres entreprises, à prendre le même chemin, autour de leurs propres valeurs. Je suis convaincu que la pérennité d’une entreprise se construit en conjuguant la performance économique et le bien commun. Ce nouvel outil va nous permettre de créer de la valeur autour de nos parties prenantes. Cela passera notamment par de nouveaux axes stratégiques pour chacune de nos 10 marques (Yves Rocher, Petit Bateau, Dr Pierre Ricaud…) et la certification B corp ».

C’est également ce qui a motivé le choix de Pascal Demurger, DG La Maif. « L’entreprise a un rôle politique à la fois face à des enjeux de fracture sociale, d’urgence climatique et de rupture digitale mais aussi face aux attentes des consommateurs-citoyens qui s’amplifient et à des Etats qui ne peuvent plus répondre seuls à cela. En tant que dirigeant d’entreprise, je ne peux pas m’en abstraire et l’idée est en quelque sorte de passer du côté du problème à la solution.
Pour la Maif, prendre le chemin de l’entreprise à mission, c’est prendre ses responsabilités en tant qu’ »assureur militant » pour garantir un impact positif de notre activité pour la société. C’est aller au bout de nos convictions, en embarquant l’ensemble du corps social et en premier lieu nos collaborateurs que nous avons engagés dans cette démarche. C’est aussi une façon de le déclarer publiquement, c’est-à-dire nous obliger, de manière irréversible. C’est enfin un positionnement stratégique car nous sommes convaincus que notre engagement est un facteur d’attractivité, de différenciation et même une condition de performance, voire de pérennité ».
(
Novethic 9 janvier 2020).

-Un cap et un repère d’alignement
Cette mission est essentielle car elle fixe le cap et devient un véritable outil d’aide à la décision. Elle permet de passer par ce filtre toutes les options qui s’offrent à l’entreprise pour ne retenir que celles avec lesquelles elle est 100% alignée et donc crédible.

Pierre Dubuc, PDG et Co Fondateur déclare :« OpenClassrooms a une mission depuis sa création en 1999 : rendre l’éducation accessible, partout, tout le temps. Nous l’avons formalisée (notre raison d’être, ndr) il y a sept ans puis inscrite dans les statuts en 2018 à l’occasion de la loi Pacte. Nous étions alors à une période charnière de notre développement : chaque année, nous doublons de taille. Nous avons donc besoin d’être très clairs sur la mission de l’entreprise, à la base de sa création de valeur. Cela nous guide dans nos décisions stratégiques. Ainsi, quand des entreprises ont voulu des formations exclusives, ce qui était contraire à notre mission d’accessibilité, nous avons refusé. Quand nous avons cherché des fonds externes, nous voulions être sûrs que les investisseurs soient bien alignés sur celle-ci et la respecte pleinement. Nous l’avons donc intégré dans le pacte actionnaires que nous avons signé avec un fonds américain. Ils n’ont pas changé une ligne. Aujourd’hui, nous consolidons notre démarche avec un comité d’impact, pour avoir une mesure et un contrôle externe. Notre mission est au cœur de notre stratégie, des produits au recrutement en passant par notre financement ». (Novethic 9 janvier 2020).

Un engagement dans la durée pour un capitalisme responsable
Enfin, la mission inscrit dans l’entreprise dans la durée autour d’un capitalisme responsable pour lequel le profit et la croissance sont des moyens de réaliser la mission et non une fin en soi.

Yvon Chouinard, Fondateur de Patagonia, raconte : « A la fin des années 1980, nous avons rencontré de graves soucis financiers, parce que nous croissions de 50% chaque année. Nous traversions une récession et les banques ne suivaient pas. Il était impossible d’emprunter de l’argent. Nous avons dû nous séparer de beaucoup de gens. Ce fût alors le sursaut. J’ai réalisé que je souffrais de la récession parce que je menais mon entreprise comme tous les autres – en la développant aussi vite que possible, en ouvrant toujours plus de magasins, plus de revendeurs, plus de modèles. C’est à ce moment que j’ai décidé de contrôler ma croissance et d’agir comme si la société devait être encore là dans 100 ans. Notre mission pour maintenant et les 100 prochaines années : concevoir le meilleur produit possible, de pas causer plus de dommages que nécessaire, inspirer et mettre en place à travers notre entreprise des solutions à la crise environnementale ».
Dans la continuité de son fondateur, Rose Marcario, PDG de Patagonia depuis 2008 a quadruplé le CA et déclare : « I don’t think it’s a conflict of interest to say that you can make money, and have a prosperous and successful business, and you can also do good in the world ».

C’est certainement pour ces convictions que Danone va devenir la première entreprise à mission cotée en bourse : « Pour l’entreprise, devenir la première “entreprise à mission” cotée au monde, c’est un moment naturel et historique, explique Emmanuel Faber dans un entretien au Monde le 22 mai 2020. Au moment où nous vivons une crise sans précédent, nous puisons dans l’histoire de Danone. » Le 25 octobre 1972, Antoine Riboud alors PDG de BSN (devenu par la suite Danone) prend la parole aux Assises Nationales du CNPF à Marseille. Souvenons-nous, nous sommes quatre ans après les évènements de mai 68 et le rapport Meadows au club de Rome sur les limites de la croissance est sorti en mars 1972.

Devant ses pairs, Antoine Riboud déclare : « Il n’y a qu’une seule terre. On ne vit qu’une seule fois. La croissance économique, l’économie de marché ont transformé, bouleversé le niveau de vie du monde occidental. C’est indiscutable. Mais le résultat est loin d’être parfait. D’abord, cette croissance n’était pas porteuse de « justice » ; trop nombreux sont encore ceux qui se trouvent en dessous d’un seuil acceptable de bien être, que ce soit dans le cité ou dans l’entreprise. Il n’est pas possible d’admettre que la croissance abandonne derrière elle autant de « laissés pour compte » : les vieillards, les inadaptés, les malades et surtout les travailleurs, qui sont nombreux à bénéficier insuffisamment des fruits de la croissance. Ensuite, cette croissance engendre des nuisances à la fois collectives et individuelles. Elle a souvent sacrifié l’environnement et les conditions de travail à des critères d’efficacité économique. C’est pourquoi elle est contestée, et mieux parfois rejetée comme finalité de l’ère industrielle ». Il conclue « Conduisons nos entreprises autant avec le coeur qu’avec la tête, et n’oublions pas que si les ressources d’énergie de la terre ont des limites, celles de l’Homme sont infinies s’il se sent motivé ». Son discours surprend. C’est ainsi que naît « le double projet économique et social » partant du postulat que performance et humain sont étroitement liés, car « il y a des hommes derrière les machines et si on ne s’occupe pas des hommes, les machines ne tourneront pas » comme le rappelait Franck Riboud, son fils, lors d’une intervention devant des étudiants de HEC en octobre 2007.

-Une nouvelle gouvernance
La raison d’être et son plan d’action expriment la contribution de l’organisation dans la société. Devenir sur cette base une entreprise à mission signifie d’en faire évoluer la gouvernance avec l’intégration de toutes les parties-prenantes à travers un comité de mission. Il regroupe des collaborateurs, des ONG, des experts extérieurs, des représentants des pouvoirs publics, etc. C’est ensemble avec les actionnaires qu’ils vont établir les objectifs et son référentiel d’évaluation. Comme le rappelle Citizen Capital & Deloitte Développement Durable dans le guide de l’Entreprise A Mission : « Le caractère unique de l’entreprise à mission, c’est la liberté qui est donnée aux fondateurs et actionnaires de définir leur mission et l’ambition qui y est associée. Mais comme toutes les libertés, elle oblige ».
Cette évaluation est clé et garantit l’engagement réel de l’entreprise au-delà d’une volonté de communication. Cette démarche peut être certifiée. C’est ce que propose B Lab, une association créée en 1986 aux USA qui a développé un outil d’évaluation de la performance sociale et environnementale de l’entreprise à travers 200 questions réparties autour de cinq thématiques : Gouvernance, Collaborateurs, Collectivités, Environnement, clients, qui délivre la certification B-corp.

-Que devient la RSE dans tout cela?
Cette démarche va bien au-delà de la RSE souvent positionnée comme une activité/un service à part. Au contraire, elle met ces dimensions au cœur du quotidien de toute l’organisation et de ses équipes. C’est ainsi que Patagonia a décidé de dissoudre son département RSE en 2014 pour l’intégrer au cœur de chacun des métiers. Plus de 500 collaborateurs s’engagent activement au sein d’ONG, ce qui est une façon concrète d’apporter une contribution positive à la planète.

Ce mouvement s’organise et a vu naître le 20 décembre 2018 la communauté des entreprises à mission (https://www.entreprisesamission.com/) qui est un collectif d’entrepreneurs qui défend un modèle d’entreprise qui contribue activement au bien commun. L’objectif est d’aider les entreprises à mission à grandir en partageant leur expérience, en documentant ce qui qualifie l’entreprise à mission et en les faisant rayonner auprès du grand public.

La volonté des politiques et l’engagement de dirigeants dans cette voie sont importants. Ces derniers sont des pionniers qui ouvrent une nouvelle voie et démontrent que l’Entreprise est une actrice incontournable de l’évolution de notre société. Réconcilier performance et contribution positive à son éco-système environnement et social, est possible.

Sources :

https://www.businessinsider.fr/us/patagonia-ceo-rose-marcario-says-capitalism-must-evolve-to-save-earth-2019-4

https://www.google.com/search?rlz=1C1GCEU_frFR851FR851&biw=1920&bih=943&sxsrf=ALeKk01JtB9PJMIDZvBVyhMtEDxmymWzNA%3A1590336500023&ei=9JvKXqJ-qpaXBN6ekNAE&q=discours+antoine+riboud+marseille+1972&oq=discours+antoine+ribout&gs_lcp=CgZwc3ktYWIQARgBMgQIABANMgQIABANOgQIIxAnOgQIABBDOgUIABCDAToCCAA6BggAEBYQHlDmEliLMmDxR2gAcAB4AIABVogBmAuSAQIyM5gBAKABAaoBB2d3cy13aXo&sclient=psy-ab

https://www.youscribe.com/BookReader/Index/1440239/?documentId=1418999

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-la-reconnaissance-de-l-entreprise-a-mission-dans-la-loi-pacte-782346.html

L’usage de la petite reine va-t-il être dynamisé par la crise sanitaire ?

Depuis le 11 mai, de nombreuses villes ont développé les pistes cyclables pour permettre aux usagers de privilégier le vélo à la voiture ou aux transports en commun. Ainsi, nous avons vu apparaître sur les routes des tracés jaunes pour créer de nouvelles voies de circulation.

Cette situation permettra peut-être à la France d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixée dans la Loi d’Orientation sur les Mobilités : 9% de part du vélo dans nos déplacements en 2024, pour rejoindre la moyenne Européenne.

Depuis 2009, selon l’étude réalisée par les cabinets Indigo et Vertigo Lab, la pratique du vélo a fortement augmenté dans les grandes villes, principalement concentrée sur le trajet domicile-travail : +30% à Paris, +10% à Lyon entre 2010 et 2018 et +50% à Bordeaux entre 2015 et 2019, principalement sur la population de cadres.

Cet usage a bénéficié de la politique des villes qui ont investi dans des aménagements adaptés. Au niveau national, le budget d’investissement des collectivités sur les politiques cyclables utilitaires ou loisirs a augmenté de 40 % en dix ans, passant de 328 à 468 M€.

Le développement du vélo à assistance électrique a également contribué à cette tendance. Alors qu’il ne s’en était vendu que 15 000 pièces en 2008, 388 100 vélos ont été écoulés en 2019 selon l’observatoire du cycle, soit une hausse de 12.1% vs 2018 pour 15% du marché en volume et 45.2% du marché en valeur à 679M€. Le vélo de ville à assistance électrique à lui seul représente 51% de la catégorie.

Decathlon va lancer en test début juin sur Paris et Lyon une offre de location sans engagement de vélo à assistance électrique (VAE) de 15 à 75€/mois. Si cette offre devait être généralisée, elle pourrait permettre de rendre ce mode de transport doux accessible à un plus grand nombre.

Le gouvernement veut profiter du déconfinement pour inciter plus de Français à utiliser le vélo. Il vient donc de lancer le chèque de réparation de 50€. Elisabeth Borne, ministre de l’Ecologie a déclaré « Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement ».
Le succès semble être au rendez-vous, interviewés par France Bleu Touraine, des réparateurs de vélo affirment tous avoir leurs carnets de rendez-vous pleins au minimum pendant deux semaines et parfois même trois semaines. « Il y a au moins deux fois plus de clients que d’habitude, il y a un vrai engouement aussi bien pour l’achat que pour la vente, je pense que ça va être assez énorme » raconte ce réparateur de vélo du centre de Tours.

Le contexte est favorable dans les villes car la bicyclette facilite la distanciation physique et évite de prendre les transports en commun. Il faut espérer que cette tendance aura un impact sur les zones périurbaines, rurales et en banlieues cette pratique a fortement reculé notamment sur les jeunes, les personnes âgées et les ouvriers. Pour cela, les collectivités doivent se mobiliser. Selon les auteurs de l’étude, la pratique de la petite reine est directement liée à l’infrastructure existante : « Les collectivités qui investissent dans le vélo obtiennent des résultats, le taux d’utilisateurs est directement lié au linéaire d’aménagements cyclables par habitant ». Le blog Geovelo, répertorie 50 000km de pistes en novembre 2019, il faudra atteindre 100 000 km de voies aménagées pour porter à 9% sa part dans nos déplacements.

L’économie du vélo est dynamique mais aussi porteuse. Elle est estimée à 29.5mrd€ avec ses impacts induits et indirects. Elle devrait dans les années à venir aussi bénéficier de l’essor du tourisme durable (plus de 20% des touristes à vélo viennent de l’étranger et 21 millions de Français le pratiquent pendant leurs vacances).

Enfin, faire du vélo est bon pour notre santé…. Cela vaut le coup de le privilégier pour les trajets courts du quotidien, comme par exemple aller à la boulangerie le week-end, c’est bon pour nous, c’est bon pour la planète et pour notre budget !

Sources:

https://www.ebike-generation.com/actus/velo-electrique-390000-ventes-france-2019/

https://www.geovelo.fr/blog/50-000-km-damenagements-cyclables-cartographies-en-france/

https://www.01net.com/actualites/decathlon-rent-la-location-de-velo-sans-engagement-debute-a-15-euros-par-mois-1917628.html

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/le-deconfinement-pourrait-booster-le-marche-du-velo-1200193

https://www.actu-environnement.com/ae/news/ademe-velo-economie-usages-35447.php4#xtor=ES-6

LES NOUVEAUX PARADOXES !

Personne ne peut répondre à la question du monde d’Après ?… Mais nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que les tendances de consommation et comportements d’achat présents avant cette crise sanitaire s’amplifient.
La France a commencé à se déconfiner depuis quelques jours. Dans cette période de transition qui n’est plus comme Avant mais pas encore comme Après (?), nous essayons de retrouver nos repères.

Après des semaines de confinement, il faut maintenant sortir de sa tanière protectrice pour s’aventurer à l’extérieur, monde de tous les dangers.
Comme l’a rappelé Frédéric Pommier sur France Inter le 15 mai, on observe sur les populations en cours de déconfinement des cas de « syndrome de la cabane ».
« Il s’agit d’un état émotionnel observé au début du siècle dernier chez des chercheurs d’or aux Etats-Unis. Après des mois confinés dans leurs cahutes, ils étaient paniqués à l’idée de revenir à la civilisation. Phénomène qu’on a pu observer également chez des gardiens de phare. Pour résumer, il s’agit donc de la peur de quitter un lieu d’enfermement pour retrouver la vie normale ».

Cela provoque de nombreux paradoxes :

Le paradoxe de la protection :

Ces mesures ont pour objectif de sécuriser les clients ou visiteurs mais elles sont parfois si strictes qu’elles en deviennent anxiogènes. Elles freinent le trafic physique et de fait incitent à acheter online, c’est ce qui a été observé pendant les deux derniers mois. Ainsi, l’e-commerce alimentaire français, drive et livraison inclus, a progressé de 50% depuis la mi-mars (selon un rapport de BNP Paribas) et 68% des baby-boomers ont effectué une commande en ligne pour la première fois.
D’après Nielsen, le online a gagné 2,5 millions de nouveaux clients en quelques semaines, 7% des consommateurs déclarent avoir fait leurs courses en drive pour la première fois depuis le début de la pandémie et 30% d’entre eux prévoient de continuer d’y aller à l’issue du confinement.

La peur d’être en contact avec du monde favorise les plus petites surfaces et la proximité. Selon Nielsen, sur cette période les enseignes de proximité progressent de 13 points versus leur évolution depuis le début de l’année 2020, l’écart est de 4 points pour les supermarchés quand les hypermarchés perdent 7 points.

Pour s’adapter à cette contrainte de protection, de nombreux acteurs ont proposé de nouveaux services comme le « drive sans contact » qui est au final un click&collect où le client n’a même plus besoin de rentrer dans le magasin… Pourquoi ce mode d’achat ne perdurerait-il pas ? Comment recréer une relation avec le client ?

Et dans le même temps, une étude Rosapark et Opinion way révèle que le confinement a redonné du sens et de l’humain aux hypermarchés. Nous sommes 41% à avoir une image plus positive de la Grande Distribution car elle a assuré l’approvisionnement vital de la population grâce à l’engagement des hommes et des femmes qui y travaillent.  Ainsi à 92% les caissières sont perçues comme les héroïnes du quotidien ! Enfin un peu de reconnaissance et d’estime pour ces personnes souvent ignorées. Il faut que ce nouveau regard dure.
Les Hypermarchés sont en quelque sorte devenus « la nouvelle place du village », le lieu où peut se recréer du lien social.
Ce qui va être important face au risque de baisse de trafic vers le commerce physique.
Rien ne dit que nous nous comportions comme les Américains qui selon une étude du cabinet Coresight Research révélait déjà, au mois de février, qu’ils étaient 74,6% à vouloir éviter les centres commerciaux au cours des prochains mois, et 52,7% dans tout type de magasins physiques.

Le paradoxe du rattrapage :

On se souvient il y a quelques semaines de la réouverture de ce 1er drive Mc Donald pour lequel certains ont fait jusqu’à 3 heures de queue. Plus loin de nous, rappelons-nous du magasin Hermès de Guangzhou qui rouvrait ses portes avec un chiffre d’affaires record de 2,46 millions de dollars en une journée. Plus près de nous, ce lundi 11 mai, 1er jour de déconfinement elles/ils ont été nombreuses/eux à faire la queue devant les points de vente Zara. Certes on peut y trouver des vêtements pour les enfants qui ont grandi pendant ces deux mois mais le cœur de la clientèle est plutôt féminine.
Dans ce cas, le besoin impérieux d’acheter, de se faire plaisir fait oublier les risques de contagion et accepter les contraintes des mesures barrière.
Est-ce un comportement compulsif éphémère ? ou une habitude qui reprend sa place ?

Le paradoxe du local :

Selon Nielsen, 63% des Français préfèrent acheter des produits d’origine Française et locale parce que leur proximité rassure et permet d’être solidaires.
Sous contrainte d’approvisionnement et pour soutenir l’économie locale, de nombreux distributeurs se sont tournés vers des producteurs proches de chez eux. On peut notamment relever les performances enregistrées par « C’est qui le patron ?! » : +387% sur les pâtes, +142% sur la farine, +141% sur les steaks surgelés, + 84% sur les sardines… De façon plus globale, les produits Bio sur la période de confinement ont enregistré une hausse de leur CA de 28% pour 8% pour le non Bio (Nielsen).

Mais ce retour vers le local sous contrainte de peur de contagion et difficultés d’approvisionnement résistera-t-il aux tensions sur le budget des ménages même si cela fait sens pour tous?
Pour rappel, 82% des Français surveillent leurs dépenses depuis le début de la crise et 46% anticipent une dégradation de leur situation économique dans l’année à venir (Nielsen).

Monde d’Avant, Monde d’Après…. ce qui est certain c’est que ce chemin ne sera ni évident, ni facile… certainement pas un long fleuve tranquille…. mais tout reste à créer et imaginer!

Articles de référence:

https://www.franceinter.fr/emissions/le-quart-d-heure-de-celebrite/le-quart-d-heure-de-celebrite-15-mai-2020

http://www.influencia.net/fr/actualites/tendance,etudes,rosapark-opinionway-etude-qui-remet-hypers-coeur-vie,10226.html?utm_campaign=newsletter-s20-14_05_2020&utm_source=influencia-newsletter&utm_medium=email&utm_content=rosapark-opinionway-etude-qui-reme