Le 5 juin est la journée mondiale de l’environnement

Pendant les deux mois de confinement, nous avons redécouvert le chant des oiseaux. Nous nous sommes émerveillés de voir les animaux réinvestir les villes. Repensons à cette image des canards se promenant en plein Paris ! Nous nous sommes languis de nos parcs, forêts, plages, chemins à travers champs. Cet éloignement nous a fait désirer la nature, sa flore et sa faune.

La journée du 5 juin tombe à point nommé pour nous rappeler à quel point elle nous a manqué et combien elle a besoin d’être protégée.

Les Nations Unies ont choisi cette date pour chaque année pour nous sensibiliser à la protection de l’environnement. C’est une question d’importance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développement économique à travers le monde.

En 2020, le thème retenu pour la journée mondiale de l’environnement est la biodiversité.


1- Qu’est-ce que la biodiversité ?

La terre est une planète vivante, elle regroupe plus de 8 millions d’espèces. On estime qu’environ 15% du vivant est connu.  
La faune, la flore, les bactéries, les éco-systèmes (mer, forêt, etc) constituent la biodiversité. Elle est essentielle à notre vie car dans la nature, nous puisons notre alimentation et notre énergie.

2- Pourquoi choisir ce thème en 2020 ?

Parce que cette biodiversité est en danger. C’est que révèle le rapport de l’IPBES publié le 6 mai 2019.
L’IPBES, décrit comme le « GIEC pour la biodiversité », est un organisme intergouvernemental indépendant comprenant plus de 130 Etats membres. Mis en place par les gouvernements en 2012, il fournit aux décideurs des évaluations scientifiques objectives sur l’état des connaissances sur la biodiversité de la planète, les écosystèmes et les contributions qu’ils apportent aux populations.

Dans ses conclusions , ce comité d’expert déclare : « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ». Il estime que le rythme est « … au moins des dizaines ou des centaines de fois supérieur à ce qu’il a été en moyenne durant les dernières 10 millions d’années ».

Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction au cours des prochaines décennies.

3- Quelques chiffres témoignent de la dégradation de la biodiversité :

– Depuis 1900, plus de 40% des amphibiens ont disparu, 33% des coraux, 31% des requins et raies, 25% des mammifères, 19% des reptiles, plus de 13% des oiseaux, etc…
– 75% de l’éco-système terrestre est très altéré.
– 66% des milieux marins ont été significativement modifiés par l’action de l’homme.
– 85% des zones humides ont été perdues.
– Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage.

4- Quelles en sont les principales causes?

30% des impacts sont liés à la destruction et la fragmentation des milieux naturels (déforestation, extraction minière, grands barrages hydrauliques, routes et étalement urbain). Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.

23% sont liés à la surexploitation des ressources naturelles (chasse, pêche, coupe du bois). La valeur de la production agricole a augmenté de 300% depuis 1970.

14% résultent du changement climatique. Depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. 100 à 300 millions de personnes sont exposées à un risque accru d’inondations et d’ouragans.

14% viennent de la pollution des sols, des eaux, et de l’air (notamment les pesticides). Le volume de déchets industriels et plastique dans les océans a été multiplié par 10 depuis 1980. Environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde.

11% sont liés aux espèces invasives. Ce sont des espèces exotiques qui deviennent nuisibles aux espèces autochtones.
Exemple : les chenilles processionnaires ou l’amarante, une plante qui résiste et s’adapte aux pesticides.

Tous ces chiffres donnent le tournis! Mais la question n’est pas de baisser les bras. Il faut agir ! Car la perte de biodiversité est non seulement un problème environnemental, mais aussi un enjeu lié au développement, à l’économie, la sécurité, la société et l’éthique.

Selon Sir Robert Watson,  président de l’IPBES «…il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial. Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs ».

5-Comment agir?

Le WWF France, la Croix-Rouge, le groupe SOS ou Make.orgpar ont lancé une consultation citoyenne pour préparer l’après-crise sanitaire de la Covid-19 qui a rassemblé 165 000 participants. 20 000 propositions ont été élaborées pour « inventer le monde d’après ».
Quatorze idées ont été jugées « prioritaires » par les participants, notamment en matière d’agro-écologie, d’économie circulaire, de mobilité alternative ou encore de protection de la biodiversité.

Ils ont été rejoints dans cette démarche d’intelligence collective par
184 000 signataires d’une pétition. Une vingtaine d’organisations associatives et syndicales ont ainsi proposé 34 mesures pour préparer un plan de sortie de crise écologique et social.

De même, une soixantaine de parlementaires ont eux aussi lancé une consultation citoyenne. Elle a recueilli 8 700 propositions pour « un jour d’après plus juste, plus solidaire, plus respectueux de l’environnement, et plus démocratique ». Ils ont élaboré 30 propositions articulées autour de quatre thèmes : la santé, la sobriété, la solidarité, et la souveraineté.

Au sein de la société civile, les entreprises ont un rôle majeur à jouer pour initier et accompagner les changements nécessaires. C’est ce qu’attendent  les consommateurs-citoyens. Selon Olivier Vigneaux Co-Président de BETC Fullsix , 71% des Prosumers™ –individus pro-actifsconsidèrent que les grandes entreprises vont pouvoir profiter de leur échelle pour être motrices des changements de fond attendus.

Ils sont 86% à avoir désormais plus confiance dans les entreprises qui ont participé pro activement à protéger les consommateurs pendant la crise. Elles y ont gagné un capital de confiance précieux.

A ce titre, on peut espérer que la décision d’Emmanuel Faber PDG de Danone qui veut faire de son groupe la première entreprise au monde cotée en bourse à devenir entreprise à mission va ouvrir la voie à de nombreuses autres.

En attendant, le 5 juin et tous les autres jours agissons tous pour la biodiversité !

Sources :

https://www.un.org/fr/observances/environment-day

https://ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment-Fr

https://www.lsa-conso.fr/dans-un-monde-post-covid-de-nouvelles-attentes-plus-radicales-et-concretes-tribune-la-conso-demain,349154

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