LES CIRCUITS COURTS, NOUVEL EDORADO ALIMENTAIRE?

Nous en avons beaucoup entendu parlé des circuits courts pendant le confinement. Ils ont été plébiscités par nombre d’entre nous car plus proches et plus sécurisants que les grandes surfaces.

Ne revenons nous pas à ce que nos grands-parents ou arrières grands-parents faisaient ?  S’approvisionner localement de produits de saison, disponibles sur le marché ou dans les commerces en proximité, voir cultivés dans le potager ?…

Acheter ses fruits et légumes en circuits courts

Mais qu’appelle-t-on « Circuit court » ?

Cette notion est encore floue et dans le langage quotidien peut recouvrir des significations qui n’ont rien à voir : bio, local, fabriqué en France, etc…

Selon l’étude mise en place en 2016/2017 par le Pôle interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations économiques (Pipame) sur « l’économie sociale et solidaire ; les circuits courts alimentaires »,
est considéré comme circuit court tout mode de commercialisation reposant sur :

– un intermédiaire maximum entre le producteur et le consommateur final.

Ce qui signifie donc : producteur – consommateur, producteur – distributeur – consommateur, producteur – restaurateur – consommateur, producteur – transformateur – consommateur.

– une proximité géographique entre le producteur et le consommateur final
Les autorités françaises ont quant à elles sélectionné un rayon de 70 kilomètres pour l’application des mesures agroenvironnementales et climatiques d’aides aux circuits courts relevant de la politique agricole commune.

Dans cette étude, les personnes interrogées parlent plus volontiers de « circuits courts et de proximité », définis comme un mode de commercialisation « qui valorise le lien social, la transparence, l’équité dans les échanges, la coopération des acteurs, le maintien ou la création d’emploi et qui préserve l’environnement ».

Quelle part les ménages octroient-ils aux circuits courts dans leur budget alimentaire ?

Les ménages consacrent à l’alimentation une part de plus en plus réduite de leurs dépenses de consommation : 13% en 2018 contre un peu plus de 20% en 1970 (source Eusrostat/Satista) . Un poids certes en retrait mais des dépenses qui se valorisent avec des produits de meilleure qualité, ou davantage transformés (produits surgelés et plats préparés) au détriment de produits bruts exigeant plus de temps de préparation. Le confinement a été propice à cuisiner en famille. Il est possible que certaines habitudes perdurent, rééquilibrant le rapport entre plats déjà cuisinés et à préparer.

Selon l’étude de Pipame, les circuits courts représentaient en 2017 de 10 à 15 % des achats alimentaires.

Un sondage Ipsos réalisé en février 2014 révèle que :.

41 % des Français achètent souvent voire très souvent des produits locaux, contre 20 % rarement ou jamais.

– Parmi ceux qui en consomment, 69 % disent en consommer davantage ces deux dernières années.

59 % affirment vouloir en consommer plus dans les six prochains mois.

Parmi les facteurs qui expliquent l’évolution croissante de cette demande figurent :

La perte de confiance dans les produits alimentaires, liée à la succession de crises sanitaires. Ce qui motive une recherche de proximité pour plus de traçabilité et de qualité.

La volonté de soutenir des producteurs locaux fragilisés par la pression exercée par la grande distribution

Les circuits courts s’organisent !

La distribution de produits en circuits courts s’organise depuis  près de 30 ans en France avec une accélération ces dernières années.
A côté des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), de La Ruche qui dit oui !, d’autres plus ou moins grands sont nés comme O’Tera dans le Nord, Frais D’ici chez Gamm Vert, etc…

Le plus important de tous, implanté sur tout le territoire est Grand Frais. Créé en 1992, le réseau qui compte plus de 230 points de vente s’est développé sur la promesse d’un large choix à des prix compétitifs grâce à un approvisionnement en proximité, ce qui n’empêche pas l’enseigne de proposer des produits qui viennent de plus loin.

Les hypermarchés eux-mêmes renforcent les liens avec les producteurs locaux avec comme objectif affiché de soutenir les filières.

https://www.capital.fr/conso/alimentation-la-revolution-des-circuits-courts-1343307
La filière de distribution des circuits courts se structure.

Cette tendance est durable.

Les crises sanitaires des 30 dernières années nous ont fait prendre conscience de l’impact de l’alimentation sur notre santé. La crise Covid a réaffirmé l’impérieuse nécessité de notre souveraineté alimentaire.
Les instances politiques ont compris qu’une alimentation de qualité et auto-suffisante imposait de revoir d’amont en avant de la filière les relations entre toutes les parties-prenantes.

C’est la raison pour laquelle les états généraux de l’alimentation en 2017 ont posé le cadre de cette nouvelle relation avec la loi Egalim promulguée par ordonnance en octobre 2018.

Pour rappel, cette loi a pour objectif de  :
– Relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition
-Permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes
– Accompagner la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs
– Promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable

Notre transition alimentaire ne fait que commencer. L’état a légiféré pour régulé la filière. Mais nous, consommateurs? pouvons tout simplement agir quotidiennement avec plus de raison en achetant des fruits et des légumes de saison localement et en réduisant notre gaspillage alimentaire….

Quelques chiffres à méditer, selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), le gaspillage alimentaire des foyers français représentent 30 kg par an et par habitant dont 7 kg concernent des aliments encore emballés. Cela représente entre 100 et 160€ par an et par personne, soit l’équivalent de 12 à 20 milliards d’€ par an en France…

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